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Juin 17

Une folie romanesque

Tu dois hurler dans un dialecte qui ne peut résonner qu’au milieu d’un paysage sauvage. Tes doigts s’agrippent aux barreaux du lit tandis que tes pieds s’étirent de toutes leurs forces. Crie de douleur sur ce dessein qui t’es attribué, laisse ruisseler sur tes pommettes le flot d’un malheur continu à la fois démesuré et sans présages. Au plus haut de ta souffrance, à peine as-tu atteint son pic, sans patience ni espoir pour atténuer cette névrose vicérale, tu verras devant tes yeux apparaître une figure éphémère qui t’enseignera ton tout dernier ressort. Après quelques temps de réflexion avec ou sans rationalité sur cette nouvelle hypnose biblique, tu finiras par écouter les paroles de tes proches, et de ton néant existentiel surgira la croyance qu’un jour le soleil s’élèvera au-dessus de ton corps dans un silence de mort, apportant avec lui l’harmonie autre fois subjuguée par la cause de ta folie romanesque. Il t’importe peu de savoir si cette prophétie philosophique s’accomplira tant et aussi longtemps qu’elle donne à ton âme le droit de prolonger sa danse mystique. C’est ainsi que les revirements et tous les autres délires du cœur s’émancipent dans un calme de tempête : d’un corps à un autre, d’un prénom au suivant, sans l’ombre d’un détour vers l’arrière et sous la pression insipide des pendules qui nous poussent à « continuer aveuglément. »

Aux nuages éphémères qui se hissent si haut,
Dont la blancheur illumine le trouble des eaux,
Valsent sous des formes apaisantes,
D’une bourrasque à une autre, d’une voile à une autre,
En une scène théâtrale innocente.
Ils s’évaporent aussi vite,
Que chaque souci des marins perdus.

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