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Déc 17

Souvenir d’un moment d’attente

L’attente est une douleur vissée en biseau au travers de mon corps. Elle me donne la peur la plus intense. Celle-ci parcourt mes pieds jusqu’à mes vertèbres et s’enlace autour de mon crâne. Espérer la venue de quelqu’un me rend nerveux, tendu. Tendu d’être en tors ou en raison, attendre pour de bon ou pour un mal, que ce soit pendant un court instant ou pour une longue éternité; voilà quelques exemples des multiples métamorphoses de cette sensation gênante. J’attends des gens sans avoir l’exacte idée de qui il s’agit. J’attends par amour avec l’espoir qu’ils auraient fait de même pour moi. Je suis cardiaque et pourtant mon cœur pompe en triolets. Quel impuissant suis-je face à la vie pure ! J’ai une idée, je me lance, et je sens malgré tout une foudre m’arracher à mon corps. Si violente est la vie, si aggressives sont les pensées spontanées ! Tout se déroule à la vitesse du vent – si encore souffle-t-il du même côté de mon élan – et je me décide à m’adapter à la vivacité existentielle et soudaine de mon envie. Garçon, servez moi un autre verre. Je vais esquiver le coup suivant.

30 septembre 2012, édité.

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