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Jan 16

Le syndrome de la souffrance

Le syndrome de la souffrance – Tant d’hommes sont venus frapper à ma porte en gémissant sur ces maux qu’ils n’ont plus. « J’étais souffrant, dit l’un, je m’en souviens parfaitement ! Ô comme j’étais malade ! De tout et de rien ! Ai-je été frappé par la banalité vivace ? Peu m’importe puisque j’étais à l’agonie. » Aujourd’hui encore, je ne peux m’empêcher de voir l’humanité s’accabler sur ses douleurs passées et celles qu’elle n’a pas encore. Me voici dans un Occident dans lequel il faut souffrir pour exister. L’activisme fait bouillonner mon sang. Il n’est plus une guérison mais au contraire une apogée du symptôme quelconque. Plutôt que des docteurs, les penseurs ne sont plus que des ambulanciers de la morale sociétale. Autour de mon domaine, les gens ne parlent plus mais ils gémissent. L’agonie ne naît plus de la nature humaine. Elle est créée instantanément, au moindre minuscule tort qui apparaît dans nos rues. Et lorsque le fléau, lui-même ravagé par les cris de souffrance de ses victimes, finit par disparaître de notre surface, plus personne « ne souffre » de sa disparition. À croire que le bonheur et la paix ne reviennent que silencieusement au contraire de nos voix pourtant si fortes et si portantes.

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