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Fév 17

Le monde doit être romantisé (premier brouillon)

Jusqu’où iront les pathologistes de notre corps collectif ? Où se dessinera en fin l’horizon de nos maux sociétaux par lesquels l’existence humaine s’est définie ? La foule semble s’être enclenchée dans un mouvement de va-et-vient intellectuel dont nul ne saurait dire si celui-ci est aléatoire ou chorégraphié. Que sais-je des enjeux dits « cruciaux » sur la question des sexes, puisqu’il m’importe uniquement d’avoir à mon bras mon complément romantique autant inconnu du monde qu’il m’est connu à moi-même. Que n’ai-je à faire des gémissements du peuple sur sa santé morale, alors que lui-même ne peut être que son seul et unique médecin. Les arbres ont un jour dominé en hauteur sur les hommes, puis à ce jour ce sont eux qui les surplombent à présent. L’humanité semble elle-même se fixer un coût pour s’être donnée le privilège de passer d’une technicité romantique à celle d’un type dit « technologique. » D’une manière qui m’est vaguement inconnue, je parviens à miroiter mon existence parmi les créatures rationnelles pour entrevoir les contours de mon ombre à la fois substantielle et incorporelle, et que vois-je ? De la perte, de l’angoisse, de la dérision amoureuse dans un monde qui ne demande qu’à se détester de lui-même et des plantes.

« Un monde absurde. » Voilà une des plus terribles maladies diagnostiquées sur ce ramassis d’êtres bipèdes à la peau douce et à l’esprit rugueux. J’ai choisi ce cancer comme pathologie collective pour comprendre ce dans quoi je suis forcé de nager jusqu’à en mourir. J’aime dans un monde absurde. Je suis aimant dans un monde qui ne m’offre pas de manière déterministe un amour muni de sens. Il est de mon devoir de romantiser le monde pour faire en sorte que ce qui m’apparaît comme étant un « vide de sens » devienne ni vide, ni plein.

 

N. L.


 

Il s’agit d’un premier brouillon d’un nouvel aphorisme que je suis entrain d’écrire. J’ai emprunté le titre à Novalis afin d’offrir la thèse que l’amour serait la solution pour tisser de nouveau un lien avec l’Être et faire face à tout l’absurde que le monde actuel possède.

 

“Jusqu’où iront les pathologistes de notre corps collectif ? Où se dessinera en fin l’horizon de nos maux sociétaux par lesquels l’existence humaine s’est définie ?”

Il ne faut plus chercher loin pour définir ce qu’est une société, un peuple, une nation, ou l’espèce humaine en général. La définition se donne a priori dès lors qu’une nouvelle crise identitaire se pointe à nos porte, dès lors qu’un nouvel enjeux ou qu’une nouvelle problématique sensée invoquer tout le monde soit d’un côté soit d’un autre. Toutes les problématiques actuelles auxquelles nous faisons face contre notre gré sont ce qui définit la société occidentale (car dans tout ce que je dis, je ne m’addresse uniquement qu’à la société occidentale). Le “corps collectif” réfère à la société occidentale, et “l’horizon de nos maux sociétaux” à la limite des problématiques qui nous sont imposées par tous les dénonciateurs et les révoltés. Au-delà de tout ce tumulte politique et sociologique qui fait vibrer l’Occident jour et nuit se trouve une autre définition de l’être humain.

“Que sais-je des enjeux dits « cruciaux » sur la question des sexes, puisqu’il m’importe uniquement d’avoir à mon bras mon complément romantique autant inconnu du monde qu’il m’est connu à moi-même.”

Ma position par rapport au féminisme, à la question des genres, etc. se définit de part mon état amoureux. Ma considération par rapport à ces enjeux est adaptée à mon état en tant qu’être aimant.

 

“Que n’ai-je à faire des gémissements du peuple sur sa santé morale, alors que lui-même ne peut être que son seul et unique médecin.”

Beaucoup se plaignent de la situation de la société alors qu’eux-mêmes en sont à la fois la cause et le remède.

 

“L’humanité semble elle-même se fixer un coût pour s’être donnée le privilège de passer d’une technicité romantique à celle d’un type dit « technologique. »”

Référence à l’essai de Martin Heidegger sur la question de la technique. La technicité romantique veut dire la technê en tant que “bringing-forth”, et la technicité technologique réfère au concept de technê en tant que “challenging-forth”.

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