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Nov 15

De la surpématie de l’amour

De la suprématie de l’Amour – Que font les assaillants de nos idées précieuses ? Ils martèlent ces blocs de marbre, s’acharnent tels des vautours sur les valeurs actuelles qui tôt ou tard descendront dans nos livres d’histoire. Nous nous trouvons là, au beau milieu de ces constructions utopiques subjuguées à la peur infaillible, sans baisers pour nous apaiser et sans mots pour nous écouter. Je te sens fébrile devant les cris de ces nouveaux martyrs improvisés, malgré ton apparence radieuse et ton allure enjouée. Le ciel parsemé de nuages grisés surplombe le ballet de mes yeux sur tes mains, ton visage, et ton sourire à la fois jeune et ensanglanté par les atrocités irréalistes de ce monde. « Absurde » est le mot que tu m’as glissé dans l’oreille au passage de ton outrance envers ce délire sadique. Alors je m’éloigne de la sévérité du monde: j’enfile mon manteau de cynique dans l’espoir de te sauver du dégoût humanitaire et de t’accueillir dans mon réconfort fictif. Main dans la main, nous esquivons le sérieux des visages et la sidération de ces corps animés pour nous enfuir sur ce chemin en terre battue vers cette colonne de marbre qui résiste toujours sous les coups de fusils, de marteaux, et de faucilles. L’amour des corps trahit les idéaux de ce monde et nous rappelle l’inutilité de la pensée et des croyances en tout genre. Nous sommes tous les deux accablés tant par des balles philosophiques meurtrières que par des craintes douloureuses et lointaines. Bien que tu penses différemment de moi, je t’aime, et je ne saurais m’expliquer pourquoi.

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